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La Commission européenne propose une stratégie en faveur de l’élevage

La Commission européenne a présenté ce 7 juillet la stratégie de l’UE en faveur de l'élevage. Cette vision à long terme reconnaît le rôle essentiel de l'élevage dans les zones rurales. La Région Nouvelle-Aquitaine avait participé aux consultations lors des débats qui ont nourri la stratégie.

Comme annoncé dans sa vision pour l'agriculture et l'alimentation en 2025 (voir article La Commission européenne propose une "vision pour l’agriculture et l’alimentation" | Europe (europe-en-nouvelle-aquitaine.eu)), la Commission européenne a publié le 7 juillet dernier la stratégie de l’UE en faveur de l’élevage. Cette stratégie propose un certain nombre d’outils qui seront mis à disposition des Etats membres pour renforcer la compétitivité et la résilience du secteur. 

Au niveau européen, l’élevage représente environ 40 % de la valeur ajoutée agricole et génère 400 Mrds d’€ de chiffre d'affaires annuel. La Commission européenne souligne en particulier le fort impact social et territorial du secteur, chiffrant à environ 4 millions le nombre d'exploitations réparties dans toute l'Europe. Pour la Commission, le secteur fournit des protéines de haute qualité et met en valeur l'excellence européenne dans le monde entier, avec certaines des normes environnementales, de sécurité et de qualité les plus élevées au monde. Néanmoins, l'élevage est confronté à des défis croissants sur lesquels revient la stratégie: faible rentabilité et augmentation des coûts, évolution des conditions du marché, épidémies récurrentes de maladies animales et émergence de nouvelles maladies, nouvelles attentes de la société et enfin défis environnementaux.

Face à ces constats, la stratégie identifie cinq priorités au sein desquelles elle propose des outils: 

  1. Un secteur de l'élevage résilient préparé à la crise. Il s’agit ici de réduire l'exposition aux risques et de répondre rapidement en cas de crise. Pour cela, la Commission propose de renforcer les outils de gestion des risques et d’explorer, avec la Banque Européenne d’Investissement (BEI), un nouveau régime d'assurance et de réassurance face aux risques climatiques. La Commission propose également d’appuyer les États membres afin de renforcer la prévention, la détection et l'action précoce contre les maladies animales. Elle prévoit ainsi une révision des règles européennes relatives aux maladies animales ainsi que d'encourager davantage le recours à la vaccination préventive. Le développement de systèmes d’alerte précoce et d’outils numériques sera encouragé, ainsi que le soutien à la recherche, l’innovation et le partage des bonnes pratiques.
  2. Un secteur de l'élevage compétitif - dans l'UE et dans le monde. La Commission envisage la création d’un instrument financier spécifique afin de réduire le déficit d’investissement nécessaire à la transition vers des systèmes plus durables et d’améliorer le bien-être animal. Elle étudiera également avec la BEI la possibilité d’accorder un accès préférentiel aux prêts pour les agriculteurs engagés dans une transition vers des systèmes d’élevage sans cages. Les possibilités de soutien aux procédures d'autorisation, à la circularité, à la bioéconomie et à la valorisation de la biomasse seront également renforcées. 
    La question de la réciprocité internationale est également un point important de la stratégie: la Commission s’engage à s'efforcer d'harmoniser davantage les normes de production, en particulier en matière de bien-être animal, conformément aux obligations de l'Organisation mondiale du commerce. Les efforts visant à promouvoir de nouveaux débouchés commerciaux grâce à la diplomatie agroalimentaire seront également renforcés.
  3. Un secteur de l'élevage durable. Compte tenu de la diversité de l'élevage dans les régions, la stratégie met l’accent sur une approche sur mesure pour relever les défis en matière de durabilité. Elle propose des mesures visant à améliorer le bien-être animal au moyen de révisions ciblées pour les poules pondeuses, les poulets de chair et les porcs, qui seront accompagnées de périodes de transition et d'un soutien financier. En outre, la stratégie annonce que l'UE élaborera des méthodes harmonisées pour calculer les émissions du bétail au niveau des exploitations, les pratiques d'atténuation du changement climatique, la gestion des nutriments et la circulation durable des ressources. Une plateforme européenne dédiée sera créée d’ici 2027. En septembre 2026, la Commission lancera également un processus visant à identifier les bonnes pratiques et les possibilités de simplification dans la mise en œuvre de la directive "Nitrates", et publiera d’ici la fin de l’année un rapport évaluant la robustesse des règles issues des directives européennes "Oiseaux" et "Habitats".
  4. Un secteur de l'élevage adapté à toutes les exploitations et régions. Le lien entre l'élevage et les territoires est considéré comme essentiel. La Commission annonce une collaboration avec les États membres pour l’élaboration de plans visant à ramener une production animale durable dans les régions vulnérables, "en particulier celles exposées au risque d'abandon", avec le soutien d'un observatoire des terres et des politiques démographiques de l'UE. La stratégie annonce également une feuille de route pour les abattoirs mobiles et/ou de faible capacité, afin de favoriser leur maintien ou leur développement dans les zones rurales.
  5. Excellence dans la production animale. La Commission souhaite renforcer la valorisation des normes européennes plus élevées, la durabilité et des caractéristiques de production spécifiques. En outre, elle promouvra les produits d'élevage durables de l'UE au moyen de politiques de promotion spécifiques, et en continuant à soutenir les indications géographiques, ainsi que la production biologique.

La stratégie en faveur de l'élevage est assortie d'un plan d'action pour les protéines, qui vise à accroître l'offre et l'utilisation de protéines cultivées dans l'UE. En 2025, seuls 25 % des protéines provenant des oléagineux et des protéagineux provenaient de l'UE. Le plan vise à porter cette part à 35 % d'ici à 2035. La Commission soutiendra la production européenne de protéagineux et améliorera la compétitivité des protéines cultivées dans l'UE. 

La Région Nouvelle-Aquitaine restera attentive à la mise en œuvre et au déploiement des outils proposés, en particulier dans la PAC post 2027. La Région Nouvelle-Aquitaine avait participé en avril dernier à la consultation ouverte au niveau européen sur la stratégie et y soulignait notamment l’importance d’apporter des réponses adaptées à la diversité des territoires, ce qui a été fait (voir article La Nouvelle-Aquitaine participe à la consultation européenne sur l’avenir de l’élevage | Europe (europe-en-nouvelle-aquitaine.eu)).