La Nouvelle-Aquitaine participe à la consultation européenne sur l’avenir de l’élevage
La consultation sur l’élevage, lancée par la Commission européenne, s’est clôturée le 10 avril dernier. Elle a recueilli 893 avis dont celui de la Nouvelle-Aquitaine qui souligne les enjeux auxquels est confrontée la filière, et rappelle l’importance du maintien des aides de la PAC après 2027.
Dans sa vision pour l’agriculture et l’alimentation, publiée en 2025, la Commission européenne reconnaissait le rôle fondamental de l’élevage dans le secteur agricole européen et plus généralement dans la chaîne de valeur alimentaire. Faisant le constat d’un secteur confronté à une multitude de défis, elle a jugé nécessaire de préparer une Stratégie européenne afin de "veiller à ce que le secteur de l’élevage de l'UE soit résilient face aux crises, compétitif à l'échelle mondiale et durable dans toutes ses dimensions, tout en reflétant la diversité territoriale de l’Europe".
Cette future stratégie est annoncée pour début juillet. Dans le cadre de son élaboration, les parties prenantes ont été appelées à se mobiliser lors d’un processus de consultation ouvert entre mars et avril. L’élevage étant un pilier du modèle agricole néo-aquitain (25 000 élevages en Nouvelle-Aquitaine, représentant 39% des exploitations agricoles), la Région a souhaité prendre part à cette consultation.
Le rôle de l’élevage est central en Nouvelle-Aquitaine: économie rurale, maintien des paysages, stockage de carbone, biodiversité fonctionnelle, qualité des sols et souveraineté alimentaire. Les productions sont diversifiées mais en déclin et les filières sont également caractérisées par des exploitations aux revenus relativement faibles, notamment en ovins et bovins viande. Les principaux enjeux sont bien identifiés et partagés avec l’interprofession : adaptation au changement climatique, compétitivité, valorisation des prairies, sanitaire et biosécurité, bien-être animal mais aussi finition des animaux en bovins viande. Pour y répondre, la Région a particulièrement ciblé l’élevage dans les dispositifs d’aide régionaux, notamment avec des fonds européens FEADER (deuxième pilier de la PAC). La Région rappelle ainsi l’importance de maintenir ces aides dans la PAC post 2027.
S’appuyant sur la Mission d’information et d’évaluation (MIE) relative à la politique agricole et alimentaire régionale, la Région fait remonter des préconisations, notamment: reconnaitre davantage les services écosystémiques rendus par l’élevage extensif et herbager (stockage carbone et biodiversité notamment) dans les éco-régimes européens ou futures actions environnementales et climatiques; soutenir la compétitivité et sécuriser les revenus en renforçant des aides couplées animales et l’ICHN; consolider la polyculture-élevage et l’autonomie fourragère; adapter les outils du deuxième pilier de la PAC afin de répondre aux investissements lourds dans les bâtiments d’élevage; soutenir l’hydraulique d’élevage, incluant stockage hivernal, abreuvement, modernisation des réseaux et optimisation des usages; construire une stratégie européenne de santé animale et de sécurité sanitaire; renforcer le soutien à l’installation et à la transmission; assurer équité et réciprocité dans les accords internationaux en introduisant des clauses miroirs pour garantir une concurrence loyale, notamment sur les normes sanitaires, environnementales et de bien-être animal.
Stratégie de l’UE en matière d’élevage
Avis de la Région Nouvelle-Aquitaine