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La Commission européenne propose un premier cadre stratégique à destination des start-ups et PME pour développer un écosystème d’IA prospère en Europe

En guise de préparation de la mise en place du règlement européen sur l’intelligence artificielle, première loi globale sur l’intelligence artificielle au monde, la Commission européenne a publié le 24 janvier un ensemble de mesures facilitatrices (modification d’un règlement antérieur et communication), dédiées aux acteurs de l’innovation et de l’industrie, pour œuvrer à l’essor d’une IA responsable. 

Face à l’urgence d’encadrement technique et règlementaire posée par la rapidité d’évolution de l’intelligence artificielle ces dernières années, la Commission européenne a proposé en avril 2021 un règlement sur cette technologie émergente. Alors que son adoption formelle devrait intervenir sous peu, le règlement pourrait s’appliquer dès 2026 pour créer les conditions propices au développement contrôlé de l’IA tout en maintenant des impératifs de sécurité et d’innovation. Si la législation a pour visée générale d’instaurer des obligations spécifiques pour les fournisseurs et les utilisateurs en fonction d’une nouvelle classification des systèmes d’IA basée sur leur niveau de risque, le but de la Commission n’est pas de restreindre pour autant son utilisation. 

Au contraire, pour faciliter et anticiper la mise en place de ce règlement et l’utilisation de cette technologie de manière fiable et éthique par les acteurs privés et publics, un train de mesures vient d’être publié. L’élément principal de ce paquet, une communication de la Commission, s’attache ainsi à dresser les contours d’un cadre stratégique d’investissement pour favoriser un écosystème florissant de startups, de PME et d'innovation dans le domaine de l'IA. En fil conducteur, l’encouragement à l'investissement dans les startups européennes du secteur de l'IA et un accès facilité aux ressources clés de développement de l’IA, à savoir les données, le calcul, les algorithmes ou encore les compétences nécessaires. 

Des usines d'IA ("AI Factories") seront notamment créées : ces écosystèmes ouverts rassembleront à la fois des superordinateurs dédiés à l'IA, de centres de données associés et l’ensemble des organisations travaillant sur cette technologie. Une procédure d’acquisition conjointe entre la Commission et les Etats membres sera lancée pour acquérir et exploiter ces nouveaux supercalculateurs dédiés à l'IA. Comme l’avait annoncé la présidente de la Commission européenne dans son discours sur l’état de l’Union, ces installations permettront de soutenir l'écosystème des startups et de la recherche en IA dans le développement algorithmique, le test et la validation des modèles d'IA à grande échelle. A la clé, des économies considérables en termes de temps et d’investissements pour les entreprises qui produisent et entrainent ces modèles avant leur introduction sur le marché : en fournissant cette puissance de calcul comme un bien public, la Commission souhaite permettre à davantage d’entreprises d’affronter les obstacles d’entrée sur le marché et de les rendre capables de construire leurs propres modèles plutôt que de s’appuyer sur des produits des géants numériques.

Faisant le lien avec ces "AI Factories", une initiative intitulée "GenAI4EU" sera mise en place pour stimuler l’adoption de l’IA générative au sein des 14 écosystèmes industriels de l’UE, accélérant ainsi le développement de nouveaux cas d’utilisation et d’applications novatrices dans des secteurs stratégiques. Elle sera financée à hauteur de 500 millions € d’ici à 2027 via les programmes européens de financement Horizon Europe et Europe Numérique. Selon une liste établie par la Commission dans la communication, le potentiel des systèmes d’IA générative est principalement perçu dans les domaines tels que la robotique, les soins de santé, les biotechnologies ou encore l’industrie de la production. Déjà prévu dans le règlement européen sur l’IA, un bureau européen de l’intelligence artificielle au sein de la DG Connect aura, parmi ses missions principales dans les prochains mois, de surveiller les progrès accomplis dans le développement de ces applications stratégiques au moyen d’objectifs concrets de mise en œuvre.

Enfin, cette année, certains Etats membres mettront sur pied, avec le soutien de la Commission, deux consortiums européens pour les infrastructures numériques (instrument destiné à aider les États membres à accélérer et à simplifier l'élaboration et la mise en œuvre de projets multinationaux): L’Alliance pour les technologies linguistiques, pour remédier à la rareté des données linguistiques européennes disponibles pour la formation de solutions IA, et le CitiVERSE, à destination des villes intelligentes.

Communiqué de presse sur le train de mesures sur l’innovation dans l’IA